logo
Alahady 18 mey 2008 Laharana faha-3571
Adresse
Antananarivo
CNPC Antanimena
BP 7524 Antananarivo
Fianarantsoa
Trano Printy Md Paoly
Ambatomena BP 1169 Fianarantsoa
Abonnement
Interieur

Tsotra
6 Mois : 9.200ar
1 An : 18.400ar

Fiaramanidina
6 mois : 9.600ar
1 An :1 9.200ar

Exterieur

Iles Océan Indiens
6 Mois : 90.000ar
1 An : 180.000ar

Autres pays
6 Mois : 100.000ar
1 An : 200.000ar

Forum

Mai 72 et Mai 2008, l’histoire ne se répète pas

Voilà 36 ans que Mai 72 s’est écroulé : un modèle de mouvement populaire imité par ses initiateurs à l’instar de Mai 68 en France.

Mai 72 est le produit d’une longue période socio-historique. La majorité populaire vit, depuis l’invasion et la victoire françaises sur Madagascar en 1896 au régime néo-colonial de la 1ère république, sa vie quotidienne dans la contrainte et la tolérance obligée. A cette époque, les pratiques coloniales se poursuivent à l’exception de l’émergence des catégories bourgeoises tananariviennes et côtières investies au pouvoir. Eduquées et formées par le système politique français, ces catégories ont l’habitus socioéconomique de mettre la main sur les richesses naturelles de la Nation et de les dilapider à leur profit ; cela au détriment d’un peuple déçu. Des accords de profit sont établis tacitement et d’une manière dissimulée entre les dirigeants de la Métropole et une catégorie privilégiée détenant le pouvoir local.

Pour camoufler les effets néfastes de cette main-mise, le pouvoir d’Etat de l’époque prône la politique du ventre pour retarder les revendications populaires.

De leur côté, les catégories socio-politiques intermédiaires, dépourvues de pouvoir sont en train de s’émerger dans les Hauts Plateaux et dans certaines régions côtières.

Or, les impacts négatifs de gouvernance de la 1ère république arrivent à toucher la conscience sociale qui devient facilement manipulable par la nouvelle catégorie politique montante.

Les lycéens et les collégiens de 72 se souviennent très bien qu’ils sont des leaders du mouvement.
A l’époque la ferveur et le feu juvéniles ne peuvent être stoppés par la force de l’ordre, en particulier la F.R.S (Force Républicaine de Sécurité)

Détermination inégalée

Le jour du 13 Mai, l’on se souvient très bien de l’audace et de la témérité inébranlables des étudiants réunis sur cette place historique face aux forces de l’ordre en casque noire. Casque noire ornée de fer chromé tout brillant.

Les meneurs de grève ne débutent leur discours de provocation que sous le soleil pesant et accablant. L’on se souvient aussi de la distribution de tissu imbibé d’eau froide en vue de lutter contre les effets inflammatoires des tirs lacrymogènes. Mais l’on ne s’attend consciemment que les FRS vont sûrement ouvrir le feu sur cette marée humaine.

L’ultime erreur du régime de l’époque est de tirer sur les manifestants en provoquant un carnage humain, même pour défendre le pouvoir. La formation socio-politique malgache se meut et s’évolue.
Car la conscience des parents d’étudiants et collégiens ne veut pas se plier face à ce massacre de leurs chers fils. Ce qui mobilise en bloc et en trombe presque toute la population tananarivienne sans distinction d’âges, le lendemain du 13 Mai et les jours qui suivent. Mais une course effrénée pour le pouvoir s’est livrée dans ce cafouillage politique.
L’élite des jeunes leaders animés par les théories progressiste et marxiste ne détiennent pas encore la force socio-politique capable de capturer à la volée le pouvoir. Ce qui favorise la catégorie bourgeoise militaire dans cette course. Mais cette force de la grande muette est marquée par une guéguerre intestinale. Aussi, l’élite inactif des côtes veut coûte que coûte maintenir et diriger le pouvoir déjà acquis depuis seulement 12 ans, lors de l’indépendance politique de 1960. D’aucun sait que cette idéologie éducative basée sur la discrimination côte-centre est inculquée par les français colonisateurs en vue de barrer toute tentative de développement de la Nation malgache.

L’histoire ne se répète pas, disons-nous car la formation socio-politique malgache se meut et s’évolue. Les mouvements populaires de contestations vécues entre 1960 et 2008 ne se ressemblent pas. A chaque mouvement populaire, de nouvelles stratégies, mais après chaque victoire de nouvelles désespérances.

Actuellement, quel espoir les catégories sociales non aisées peuvent-elles attendre devant la pauvreté, les luttes politiques internes, les flous dans certains secteurs de l’économie, la menace de protectionnisme international?

Zahasoa

Lire aussi