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Chronique de Razafy
Concert, qu’on sert, qu’on serre…Le week-end de la Pentecôte a été riche en concerts. Carton plein pour les artistes qui se sont produits dans la Capitale et ses environs. Le public a été servi. A défaut de bonne bouffe, il s’est contenté de bouffée d’oxygène, bien qu’il lui ait fallu se serrer la ceinture pour pouvoir profiter au mieux de ces jours fériés. Panorama. Concerts. D’Antsahamanitra à Antsonjombe, en passant par Ivato et Bevalala. Chacun de leur côté ont connu le succès. Tous les concerts organisés en plein air, pour le week-end de la Pentecôte, ont eu leur foule de fans. Rien qu’à voir la ruée sur les bus et les taxis-brousse, ainsi que les longues files d’attente aux portails des divers lieux de spectacle, on imagine bien que chaque artiste a ses admirateurs, et que chacun d’eux n’a rien à envier aux autres. Les seuls à être dans cette situation d’envie sont sûrement les politiciens. Eux qui se démènent pour rameuter la foule avec des concerts gratuits, n’arrivent pas à la cheville de ces artistes, alors que ces derniers font payer (évidemment) les entrées, et s’amusent même par moment, à faire chanter les spectateurs à leur place. Le comble c’est qu’on vous suggère comme spécialité du Chef, le sorgho !Il semble d’ailleurs étonnant que des artistes en arrivent à caresser la carrière politique, qui en se portant candidat aux diverses élections, qui en soutenant ouvertement tel ou tel candidat qui se présente. C’est à ne plus s’y retrouver car on en arrive à se demander : lequel des deux camps envie le plus l’autre ? En tous les cas, on peut avancer que l’objectif est le même car il s’agit de succès, puis de profit et donc d’enrichissement. Après, ceux qui sont les plus en vue peuvent se permettre de servir tout ce qu’ils veulent aux fans, à la foule, à leurs congénères, à la population. Qu’on sert. Du spectacle à la conduite des affaires de l’Etat, certains croient qu’il n’y a qu’un seul pas à franchir. Et vice-versa. L’essentiel étant de pouvoir se placer au devant de la scène. Le reste suit une logique qu’on a du mal à cerner, tellement les choses vont vite. En effet, aux yeux du public, bien des choses qui se passent dans ce pays ressemblent à s’y méprendre à du cinéma. Le spectaculaire n’est jamais loin de ce qu’on veut faire admettre comme réalité. On peut bien vous avoir servi une suite d’onomatopées sans queue ni tête, mais vous êtes là pour applaudir, car le matraquage sur les ondes a fait de ces charabias, ce qu’on appelle communément « un tube ». On peut bien vous promettre monts et merveilles, mais sitôt les bureaux de vote fermés, les préoccupations sont évidemment autres que les propos propagandistes. Partout on vous sert n’importe quoi, et au prix fort, et le comble c’est qu’on vous suggère comme spécialité du Chef, le sorgho ! Tout çà pour vous préparer au pire, car la suite de ces crises alimentaires est encore une sorte d’équation à plusieurs inconnus. Vivement que la révolution verte ne se limite pas au lèche-vitrine. Qu’on serre. Bien sûr, après avoir fêté comme il se devait, la Pentecôte, il faut bien limiter les dépenses. Les prix d’entrée aux divers spectacles, n’étaient pas donnés. Les frais de déplacement non plus. Par ailleurs, il fallait se munir en victuailles, à moins de s’être contentés de ce qui se vendait sur les étals des snack-bars d’un jour. Au bout du compte, il n’y a eu que des extras, qu’il faudra désormais imputer sur les dépenses ultérieures. Aie, aie, aie, il va falloir se serrer la ceinture, pour pouvoir joindre l’autre bout qui demandera encore deux semaines de patience. |
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